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Le Drame du Poursollet (13 Août 1944)

Le soir du 12 août, Porte a convoqué tous les chefs de la section à son P.C du Poursollet. La réunion se passe mal car certains veulent quitter le site qu'ils jugent trop dangereux. Finalement ,"Bison" décide de descendre dans la vallée de la Romanche pour trouver un passage vers le Rivier d'Allemont où se trouve Lanvin. Il prend avec lui "les colos" de Lacour. Du groupe des "normalos" de Vallin, qui sont trop fatigués et qui n'ont rien mangé depuis deux jours, seul "Canard" accepte d'accompagner "Bison" par fraternité d'éclaireur.

Le 13 août, à quatre heures du matin, le groupe se met en route et parvient au dessus de Rioupéroux . Contrairement à se que pensait Porte, les allemands sont déjà dans la vallée et aucun passage ne semble possible. Vers dix heures, "Bison" et ses hommes remontent vers le Poursollet. Ils n'en sont plus très loin lorsqu' ils entendent une violente fusillade. Ils rencontrent Mlle Anjo, une de leurs infirmières qui les informe d'une attaque surprise des allemands et les dissuade de rejoindre le lac. "Bison" décide alors d'appliquer les ordres de Lanvin: cacher les armes et se disperser par petits groupes. Par chance, ceux qui étaient descendus dans la nuit du 12 au 13 août ne subiront aucune perte. "Bison" et "Canard" parviennent non sans mal à échapper aux allemands. Ils rejoignent Echirolles, puis Allevard avant de regagner l'Oisans.


Écoutons encore une fois André Baroz:

Que s'est-il passé le 13 août au Poursollet ? Nos camarades ont raconté:

Comme l'avait dit Porte, le groupe de Charly Vallin, l'intendance et le groupe médical se considéraient comme au repos. Certains faisaient leur toilette, déjeunaient. Deux garçons étaient même allés chercher auprès des habitants, de la farine, du lait et des œufs pour confectionner des crêpes.

Vers dix heures., un avion survole le site. Ce n'est pas la première fois, chacun se réfugie sous les sapins. Tout à coup, des hommes vêtus de l'uniforme des chantiers de jeunesse s'avancent: "qu'ils sont imprudents !"dira un maquisard. Brusquement Jean crie: " Les chleus !" On entend "heil Hitler" et ces hommes tirent. Jean Gilly met le F.M en batterie et riposte, Charly et Jeannot Duby, près de lui tirent aussi. Le F.M se tait, Jean Gilly est tué. Jeannot crie:

"Charly ! replions nous", il croit entendre:" toi d'abord, je te suis !"

Et puis plus rien. Charly est mort. Devant le nombre des ennemis, la plupart des maquisards cherchent leur salut dans la fuite. Georges Armand est mort, son adjoint Pierre Couprie, blessé, réussira avec l'aide d'un camarade à gagner Ornon. Simone Voisin est blessée; un allemand veut l'achever; un médecin dira: "Inutile de gaspiller une balle, elle va mourir!" Simone secourue, sera sauvée. Le médecin Pardé est blessé dans sa fuite; rattrapé, il sera achevé à coup de crosse. Roger Chariglione, grièvement touché au ventre, mourra le lendemain.

Poursollet dessus Poursollet dessous

La vingtaine de maquisards qui était là n'a rien pu faire face au nombre. L'adjudant Marceau, dans son rapport indique: 600 hommes et 200 mulets bâtés. Les allemands, dans leur folie destructrice, brûleront tous les chalets ( les habitants réussiront à fuir)."

Deux élèves-maîtres originaires de Haute-Savoie qui ont réussi à fuir le Poursollet vont connaître une fin tragique.

Ces deux garçons sont morts le 19 août 1944 !

Ce jour- là, les américains franchissaient le col de la Croix Haute…

Après la Libération, "les Porte" sont dispersés: certains vont combattre en Maurienne dans les rangs des Chasseurs Alpins, d'autres sont incorporés dans l'armée venue d'Afrique et franchissent le Rhin.